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  • samedi, 01 octobre 2022

Depuis un an, la guerre fait rage en Éthiopie

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Le jeudi 4 novembre marque le triste anniversaire du début des hostilités en Éthiopie.  Au cœur du conflit, les divisions profondes entre le pouvoir central et les dirigeants du Tigré, un État semi-autonome.

Jacques Chirac, lors du IVe sommet de la Terre, en 2002, avait dit : "La maison brûle mais on regarde ailleurs." Il y a pile un an, en Éthiopie, dans la région du Tigré, la maison brûlait et l'élection présidentielle américaine captait toute l'attention. Au même moment, loin des regards, ce pays au cœur de la Corne de l'Afrique, qui avait pourtant fait la paix, déclenchait la guerre.

Depuis un an, régulièrement, les bombardements pleuvent. Dans la nuit du 3 au 4 novembre 2020, le Premier ministre éthiopien lançait une offensive sur la région du Tigré, un État semi-autonome de l'Éthiopie, deuxième pays du continent par la population, avec 110 millions d'habitants. Le Tigré en compte plus de cinq millions. Le Premier ministre, Abiy Ahmed, avait promis une intervention rapide, ciblée. Un an après, c'est confirmé : l'Éthiopie n'est pas en paix et les morts se comptent sans doute par milliers, même si les informations sont difficiles à vérifier. Un conflit à huis clos, en somme.

L’apogée de plusieurs mois de tension

Abiy Ahmed était pourtant l'homme de la réconciliation avec le voisin érythréen et recevait en 2019 le prix Nobel de la paix. Avec, au menu, un discours et des promesses : "Faites la paix avec vos frères !" Le mal rongeait pourtant l'Éthiopie de l'intérieur.

Le Tigré est dirigé par le Front de libération du peuple, dit TPLF, qui a gouverné l'Éthiopie pendant trois décennies et a mal vécu l'arrivée au pouvoir d'Abiy Ahmed en 2018. L'intervention de novembre 2020 marquait donc l'apogée de plusieurs mois de tensions entre TPLF et gouvernement fédéral. Deux camps s'opposent et se rejettent la faute sur le déclenchement des hostilités : le TPLF allié à d'autres groupes rebelles et l'armée fédérale éthiopienne, qui a reçu notamment le renfort de soldats envoyés par l'Érythrée, même si Abiy Ahmed a eu du mal à le reconnaître. Les rebelles ont revendiqué il y a quelques jours la prise de deux villes stratégiques, Dessie et Kombolcha, à 400 kilomètres au Nord de la capitale, Addis-Abeba. Le gouvernement central dément ces avancées mais décrète dans le même temps l'état d’urgence sur l'ensemble du territoire.

Un conflit marqué par une "brutalité extrême"

Et la guerre, comme souvent, rime avec crise humanitaire. Et la famine, qui menace quelque 400 000 personnes. L’aide alimentaire, elle, a bien du mal à se frayer un chemin jusqu'au Tigré. Les ONG sont entravées par un blocus "de facto", selon l'ONU. Là encore, les deux camps s’accusent mutuellement "d'affamer" les civils.

Le conflit au Tigré est marqué par "une brutalité extrême", selon les mots de Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire de l'ONU aux Droits de l'homme qui a mené une enquête, révélée cette semaine, dans laquelle elle évoque de possibles "crimes de guerre" et "crimes contre l'humanité", commis par les deux parties.

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