FrenchFrancais
  • mercredi, 31 mai 2023

Gabon : Ali Bongo, va en guerre aux mots face à ses adversaires politiques

L

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba, a accordé sa première interview à Jeune Afrique depuis son AVC en 2018. L’occasion justement pour lui de revenir sur son état de santé et les points qui ont marqué cette épreuve notamment sur le plan politique.

Le magazine panafricain a formulé beaucoup de questions au président gabonais. Il faut dire que depuis son AVC en 2018, les interrogations se sont accumulées : sur son état de santé réel et sa capacité à diriger le pays, sur la manière dont il s’est reconstruit progressivement ou sur l’effarante séquence qui a accompagné sa convalescence, quand son pouvoir a vacillé et que les règlements de comptes au sein de son propre camp se sont multipliés.

« Grâce à Dieu, je vais bien, et je tiens à remercier à nouveau les autorités des royaumes d’Arabie saoudite et du Maroc pour leur accueil chaleureux et fraternel. Je remercie également les Gabonaises et les Gabonais qui, en pensées et en prières, m’ont accompagné durant cette épreuve. J’ai puisé beaucoup de force dans leur soutien. Enfin, je redis merci à ma famille, tout particulièrement à mon épouse et à mes enfants, qui ont été constamment à mes côtés. Aujourd’hui, tout cela est de l’histoire ancienne. Je mène à bien ma mission de chef de l’État. J’ai même augmenté mon rythme de travail. Avec la même ambition : que la population ne manque de rien et que le pays continue à se développer », a d’emblée précisé Ali Bongo avant de poursuivre.

« J’ai hâte (…) de retrouver mon élocution naturelle »

« Sur le plan de la santé, je prends davantage de précautions. Néanmoins, ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort et renforce votre détermination. J’ai hâte d’être de nouveau à 100 % de mes capacités, de retrouver mon élocution naturelle. Restent quelques étapes à franchir. Tout cela représente un travail quotidien, qui s’ajoute à ma charge de chef de l’État. Je dois reconnaître qu’il y a eu des moments difficiles », avoue-t-il.

Et force est de reconnaître que durant cette période, le pouvoir gabonais a vacillé et une guerre des clans a éclaté dans l’entourage du président. Mais il minimise… 

« C’est une péripétie qui n’intéresse qu’un microcosme. Quelques personnes ont cru voir leur tour arriver. Je m’en doutais. Cependant, la très grande majorité m’a soutenu. Le peuple a été formidable, aussi je ne pouvais pas l’abandonner. J’ai puisé de la force dans ce soutien, ce qui m’a permis de revenir plus vite que ne le prédisaient les médecins. Ce qui compte aussi, c’est le fonctionnement des institutions, régies par la Constitution. Or, celles-ci ont démontré leur très grande solidité. De cela, nous pouvons, nous, Gabonais, être collectivement fiers », a-t-il déclaré.

Quid de sa capacité à diriger le Gabon ? Car pour ses adversaires, il est tout simplement diminué. Et à ses adversaires, Bongo répond: « je leur conseillerais plutôt de travailler à formuler des idées, à ce qui préoccupe au quotidien la population, et d’avoir une approche constructive. Penser convaincre les Gabonais en se contentant de critiquer et de polémiquer, c’est se fourvoyer complètement ».

commentaires (0)

Laisser un commentaire